Simplissime omelette norvégienne

Quand Hélène m’a raconté le bonheur qu’elle avait eu de découvrir sur ses tablées de Noël une omelette norvégienne préparée par un pâtissier de Royan, j’ai cru voir ressurgir celui que j’avais à engloutir la version industrielle de Pizza Paï quand j’étais au lycée (on a les références qu’on a). Une omelette norvégienne, c’est en soi une véritable prouesse de la science : une génoise et sous un nappage de meringue, de la glace à la vanille passée au four et qui ne fond même pas. Par quel tour d’adresse ? Parce que la meringue est un isolant de choc qui tient la chaleur éloignée et permet donc à la glace de rester glace. C’est donc là que se justifie l’oxymore de l’expression « omelette norvégienne » : une omelette oui, mais une omelette… un peu froide quand même.

On appelle également ce dessert « baked Alaska » ou « omelette-surprise » et dans La Nausée, Jean-Paul Sartre y fait référence pour décrire son état :« Mes mains tremblaient, le sang est monté à mon visage et, pour finir, mes lèvres aussi se sont mises à trembler. Tout ça, simplement parce que le poulet était froid. Moi aussi, d’ailleurs, j’étais froid et c’était le plus pénible : je veux dire que le fond était resté comme il est depuis trente-six heures, absolument froid, glacé. (…) Sans doute, j’aurais, pour un rien, roué de coups l’Autodidacte ou la serveuse en les accablant d’injures. Mais je ne serais pas entré tout entier dans le jeu. Ma rage se démenait à la surface et pendant un moment, j’eus l’impression pénible d’être un bloc de glace enveloppé de feu, une omelette-surprise. »

Après un petit tour d’horizon des recettes publiées sur la toile, j’ai choisi de m’inspirer de la technique proposée par Christophe Michalak dans l’émission Dans la peau d’un chef. Et si vous me lisez souvent ici, vous devriez commencer à savoir que j’ai l’insolence d’être tout bonnement incapable de respecter une recette de bout en bout. Voici donc ma version de l’omelette norvégienne, avec du cointreau dedans. À l’arrivée, un dessert qui joue avec le chaud et le froid, rapide à réaliser et qui surprendra forcément vos convives.

IMG_0734

>>Ingrédients :

– Un quatre-quart breton de 500 grammes (pur beurre)
– 10 cuillères à soupe de cointreau
– 1 citron non-traité
– 10 cuillères à soupe de sucre glace
– 250 grammes de glace vanille
– 90 grammes de sucre fin
– 3 cuillères à soupe de sucre glace
– 2 jaunes d’œufs

>>Réalisation :

1. Couper les deux extrémités du quatre-quart afin de ne garder que la partie moelleuse.
2. À 1 cm du bord (horizontal et vertical), enfoncer le couteau comme pour couper une tranche, mais s’arrêter à environ 1 cm du fond. Idem de l’autre côté.
3. Creuser ainsi le quatre-quart. But de l’opération : retirer le cœur pour créer une longue cavité avec le gâteau. Réserver le rectangle obtenu pour plus tard.
4. Imbiber l’intérieur du quatre-quart de cointreau.
5. Mettre le quatre-quart au congélateur une heure ou deux.
6. Pendant ce temps-là, monter les blancs d’œuf au batteur, avec le sucre fin et le sucre glace. Ajouter le jus de citron et continuer à battre jusqu’à l’obtention d’une meringue lisse.
7. Sortir le quatre-quart du congélateur. Disposer dans la cavité la glace vanille.
8. Reprendre le rectangle de quatre-quart obtenu en étape 3. Le couper dans la longueur de façon à créer un « chapeau » et le poser sur la glace vanille. Préchauffer le four à 280°C.
9. Avec une spatule, recouvrir le gâteau de meringue, sur tous les côtés.
10. Enfourner le tout environ 3/4 minutes, juste le temps de dorer la meringue.
11. Servir immédiatement.

omelette

Bonne dégustation !

Pas de commentaires pour l’instant !

Les commentaires sont fermés.