Les p’tits plats dans les grands #11 — Poulet au maroilles et à la bière, pommes de terre rôties au thym

Ce week-end, premiers samedi-dimanche de septembre oblige, c’était la Braderie de Lille. Frustrée de ne pas avoir pu m’y rendre cette année encore pour chiner des trucs-poussiéreux-dont-on-regrette-l’achat-même-pas-deux-semaines-après (ça va faire 5 ans que j’ai quitté la capitale des Flandres et autant d’années que je ne parviens pas à me libérer pour la grande sauterie*), j’ai voulu palier le manque en embaumant l’appart des effluves de notre gourmande gastronomie du Nord.

*C’est drôle comme la grande braderie est un événement qui ne manque véritablement aux Lillois qu’une fois qu’ils déménagent…

J’aurais pu préparer un welsch, LE truc que j’aime le plus sur la carte des estaminets, mais… sans four c’est un peu difficile. J’ajoute donc ce plat à la longue liste des trucs que je cocherai quand j’aurai une cuisine d’adulte (parmi lesquels il y a déjà 1. avoir un truc comme ça pour porter les casseroles, 2. cuire mes bavettes à la plancha, 3. avoir une hotte aspirante pour éviter de me laisser vivre dans une odeur de gyozas pendant trois jours, 4. faire des boules blanches avec une machine à pain) (OUI J’AI DE GRANDES AMBITIONS DANS LA VIE, MOI, MONSIEUR).

En attendant, en l’absence de four, j’ai cuisiné du poulet au maroilles, ce fromage hyper puant que prenaient les paysans de Cambrai pour payer leur dîme.

Préparation_poulet-au-maroilles

INGRÉDIENTS POUR 2 PERSONNES

Poulet au maroilles : 

- 2 cuisses de poulet fermier
- 200 grammes de maroilles (par exemple du vieux-lille, également appelé « puant de Lille »)
- 10 cl de crème fraîche
- un verre à moutarde de bière blonde des Flandres
- 1 échalote
- 1 oignon
- gros sel et poivre

Pommes de terre rôties à la poêle :

- 4 grosses pommes de terre
- 3 gousses d’ail
- du thym
- de l’huile d’olive
- paprika
- gros sel

 PRÉPARATION

Le poulet :

1. Dans une cocotte, faites chauffer le beurre
2. Saisissez-y les cuisses de poulet et retournez régulièrement, jusqu’à ce qu’elles soient dorées
3. Baissez le feu. Couvrez les cuisses de poulet avec le verre de bière et laissez mijoter 30 minutes. Vérifiez à mi-temps, si le poulet n’est plus mouillé, ajustez avec un petit verre d’eau
4. Ajoutez la crème fraîche.
5. Écroutez le maroilles, coupez-le en petits morceaux, et jetez-les dans la cocotte. Mélangez puis couvrez.
6. Émincez l’échalote et l’oignon, puis ajoutez-les à la cocotte.

Les pommes de terre rôties :

1. Coupez vos pommes de terre en frites (en « allumettes » de 3mm de largeur, ou en « pont-neuf » d’1 cm) (ma préférence va aux « pont-neuf »)
2. Faites chauffer de l’huile d’olive dans une large poêle
3. Jetez-y les frites une fois la poêle bien chaude
4. Pendant ce temps, épluchez l’ail et écrasez-le
5. Ajoutez l’ail à la poêle, puis parsemez de thym, de paprika et de gros sel
6. Retirez les frites du feu une fois dorées et moelleuses à l’intérieur, et réservez-les sur du Sopalin pour retirer le surplus de gras

Poulet au maroilles et pommes de terre rôties

REMARQUES

Le fait de laisser mijoter le poulet dans la bière après l’avoir revenu dans le beurre permet aux cuisses d’être à la fois dorées et fondantes à l’intérieur. EXCELLENT si comme moi vous partez en guerre contre le poulet trop sec. Vous pouvez également servir le poulet au maroilles avec du riz (ça prend bien la sauce), des haricots verts cuits à la vapeur (plus légers), ou des pommes de terre cuites à l’eau (plus rapides à préparer). Mais disons tout haut ce que tout le monde pense déjà tout haut : l’accompagnement pommes de terre rôties est évidement plus gourmand !

 

Les p’tits plats dans les grands #10 — Raviolis maison aubergine-parmesan et gnocchis épinards-ricotta

À Toulouse en ce moment pour les Siestes Électroniques, on profite également de notre p’tit duplex Airbnb pour traîner dans le salon et suivre quelques matchs de la Coupe du Monde. Je cherchais donc une recette simple mais longue et répétitive, pour passer le temps devant la télé façon tricot.

Toulouse

Puisqu’on avait acheté le matin-même des filets de colin pané, je voulais trouver un accompagnement à base de légumes mais sans friture. C’est comme ça que j’ai eu l’idée de confectionner moi-même des raviolis et des gnocchis.

La recette de gnocchis épinards-ricotta nous vient d’un livre de cuisine qui traîne dans l’appartement. Celle des raviolis est un mélange de plusieurs marches à suivre trouvées sur la toile.

Assiette finale

RAVIOLIS MAISON AUBERGINE-PARMESAN

Ingrédients :

Pâte :
- 300 grammes de farine
- 3 œufs
- 2 cuillères à soupe d’huile d’olive
- une pincée de sel
- un peu d’eau

Farce :
- 1 belle aubergine
- 1 échalote
- 3 cuillères à soupe de parmesan râpé

Préparation :

1. Mélangez dans un saladier tous les ingrédients pour la pâte. Pétrissez jusqu’à obtenir une pâte homogène et sans grumeaux. Attention : ne lésinez pas sur le pétrissage, car plus vous pétrirez, plus finement la pâte pourra se dérouler – ce qui est primordial pour la confection des raviolis.

2. Enveloppez la boule de pâte dans un film alimentaire et réservez 1h au frais.

Pâte de raviolis

3. Pendant ce temps-là, occupez-vous de la farce. Détaillez l’aubergine en gros dés, émincez l’échalote et faites revenir le tout quelques minutes dans une poêle avec un peu d’huile d’olive. Ajoutez 3 cuillères à soupe d’eau, l’aubergine étant un légume très spongieux, l’eau va aider à la cuisson.

4. Sortez les dés d’aubergine du feu, laissez tiédir puis ajoutez le parmesan.

5. Passez au mixeur la préparation, mais ne broyez pas tout jusqu’à la dernière miette : laissez quelques gros morceaux, ils seront tout à fait appréciables lors de la dégustation. Salez et poivrez. Goûtez et rectifiez si besoin : n’oubliez pas qu’une bonne farce est gage de bons raviolis.

5. Une fois le temps de repos écoulé, sortez la boule de pâte et divisez-la en 4 ou 5 parts. Farinez votre plan de travail et prenez une part de boule de pâte. Roulez-la jusqu’à obtenir une pâte plus fine.

Confection des raviolis

6. Avec un emporte-pièce (ou le fond d’un verre à moutarde – c’est ce que j’ai fait ici), découpez des petits cercles dans la pâte.

7. Déposez dans une moitié de disque l’équivalent d’une bonne cuillère à café de farce, puis rabattez les bords. Pressez bien, avec un peu d’eau, afin de sceller le raviolis convenablement de façon à ce que la farce ne s’échappe pas du raviolis lors de la cuisson.

Raviolis aubergines-parmesan

8. Une fois vos raviolis confectionnés, plongez-les dans une grande casserole d’eau frémissante. Retirez-les du feu lorsqu’ils seront remontés à la surface.

GNOCCHIS ÉPINARDS-RICOTTA

Ingrédients :

- 500 grammes d’épinards hachés surgelés
- 350 g de ricotta
- 4 c. à soupe de parmesan fraîchement râpée
- 2 œufs battus
- 2 pincées de noix de muscade
- 3 à 4 c. à soupe de farine
- sel, poivre noir moulu

Préparation :

1. Faites cuire les épinards comme indiqué sur le paquet. Laissez refroidir puis passez les épinards au tamis, en pressant dessus avec une fourchette pour bien retirer l’eau.

2. Mélangez aux épinards la ricotta, le parmesan, les œufs, les pincées de noix de muscade, la farine. Passez le tout au mixeur

3. Salez et poivrez. Ajoutez un peu de farine jusqu’à obtenir une préparation homogène.
4. Formez des boudins avec la pâte obtenue et farinez-les légèrement en les roulant sur votre plan de travail.

Confection des gnocchis épinards-ricotta

5. Portez à ébullition une grande casserole d’eau salée et plongez-y les gnocchis délicatement. Laissez-les cuire 1 à 2 min jusqu’à ce qu’ils remontent à la surface.
6. Retirez-les avec un écumoire et saupoudrez de parmesan. Servez aussitôt.

« Rendez-nous les boulettes ! »

Voici mon enquête sur les boulettes, dans Grand Seigneur, le trimestriel du plaisir à table de Technikart, publié dans le numéro de juin / juillet / août 2013 :

GrandSeigneur_boulettes
Les bonnes feuilles :

« La boulette a toujours été une parade : une parade esthétique pour rendre plus appétissants les bas morceaux, une parade économique lorsque, mélangée à du pain et des pommes de terre, la viande semble être en plus grande quantité dans l’assiette ou encore une parade gustative, lorsqu’elle permet l’association de saveurs inédite.

Mais la question de « la parade dans la parade » existe aussi, et elle prend vie sous la forme de la problématique suivante : l’essence de la boulette est-elle de s’auto-suffire ou peut-on considérer qu’une boulette n’est entière que dans son mariage avec une sauce ? La question n’est pas universellement tranchée et deux écoles se regardent aujourd’hui en chiens de faïence. Ainsi, Stéphane Dubreil estime qu’une sauce peut légitimement venir magnifier une boulette tandis que son collègue boulettologue, plus puriste, juge qu’un accompagnement liquide est forcément un cache-misère. Une 3e voie se dessine en la personne de Andrée Zana Murat, qui nous glisse : « J’aime quand la boulette se suffit à elle-même, mais il faut reconnaître que dans certaines cuisines, comme au Vietnam par exemple, les boulettes n’atteignent leur apogée que lorsqu’elles marinent dans un bouillon. Quant aux boulettes à la tunisienne, qu’on jette dans un fond d’ail, de sauce tomate et d’huile d’olive ? Je n’ose y penser, elles sont un vrai régal ! » »

À propos de « la montée du FN »

On assiste ces derniers jours à de prétendues saillies révoltées de type « je veux quitter le pays » et autres tirades distribuant la fessée aux abstentionnistes.

Bien sûr, la montée du FN a quelque chose de sidérant. Mais sidérés, le sommes-nous vraiment pour les bonnes raisons ?

FN

Il faut voir comme on nous parle, le reste de l’année. Acrimed publie aujourd’hui un article confrontant la une du Point cette semaine, qui fait mine de s’étonner du haut score du FN (« Merci qui ? Histoire d’un burn out français » titre le magazine, avec en arrière fond une photo de Marine Le Pen), et… toutes ces unes précédemment sorties par le Point qui pointe tour à tour du doigt « les assistés », « l’immigration », « la burqa », et « l’Islam sans gêne ».

Alors, sidérés, par quoi le sommes-nous ?

Hier, une amie me proposait de me joindre à elle à l’occasion de la manifestation « Tous unis contre le FN ». Je me suis retrouvée à décliner. Et quand j’ai osé cette semaine soupirer en société tandis que les uns et les autres s’indignaient contre « la dédiabolisation du vote FN », il n’a pas été rare que l’on me prenne – gentiment – à partie : « Ça ne t’indigne pas, toi, Émilie ? »

Bien sûr que je suis indignée. Bien sûr que je suis en colère. Bien sûr que je trouve ça sain / utile / normal de vouloir battre le pavé pour manifester son indignation.

Mais je m’interroge et cherche les raisons de ma lassitude : pourquoi serais-je sortie dans la rue contester les résultats d’un scrutin dont je conteste déjà le principe même ? Le vote, instant démocratique permettant momentanément au peuple de se gargariser d’un moment politique, ne restera qu’une chimère si sitôt le scrutin terminé chacun retourne dans son champ brouter.

À partir de là, je m’interroge de nouveau : comment peut-on décemment reprocher aux abstentionnistes d’être abstentionnistes tandis que les raisons de la crise de légitimité de la classe dirigeante s’amoncellent toujours un peu plus, entre une affaire Cahuzac et une autre appelée Bygmalion ?

Plutôt que de pester sur ceux qui (et comment pourrait-on le leur reprocher ?) n’ont plus foi en la politique, plutôt que de deviser confortablement sur « la connerie » de l’électorat FN, prenons cette même colère et portons-la à l’adresse de l’ensemble de ceux qui le méritent vraiment : la classe politique. Trouvons le moyen de signifier qu’un scrutin n’a aujourd’hui aucun sens si les bulletins blancs ne sont pas capables de faire annuler une élection, et/ou si le vote obligatoire n’est pas instauré et/ou, si l’on ne tente pas le tirage au sort.

Comprenons enfin que les vraies raisons de la colère, ce ne sont pas cette partie émergée de l’iceberg qui est la poussée du FN, mais bel et bien le clivage social, le manque d’horizon politique, le chômage, la peur de l’autre… autant de maux tous les jours plus renforcés par le sentiment résigné de ne plus pouvoir être représentés par nos élus.

« Ce sentiment d’impunité », comme le disait Fabrice Arfy ce matin sur France Inter, qui poussent si souvent ceux que l’on portent au pouvoir à se croire invincibles et au dessus des masses. Dans ce contexte, comment sérieusement en vouloir aux abstentionnistes ? Comment se contenter de tout mettre sur le dos de « la bêtise » de l’électorat frontiste ?

En d’autres termes, poster un statut Facebook au lendemain des élections pour insulter l’électorat FN et geindre sur l’abstention autour d’un café, c’est, en un sens, précisément ce que les dominants attendent de nous. Que l’on impute les faillites d’un scrutin à la bêtise du voisin.

Écran de fumée, qu’ils disaient.

« Le geste d’un déséquilibré »

Vendredi dernier, Elliot Rodger, 22 ans, que l’on surnomme déjà dans toutes les colonnes « le tueur de Santa Barbara », a assassiné 6 personnes, avant de se donner la mort. La veille, il avait posté une vidéo sur YouTube pour expliquer ses actes.

Cette effrayante séquence de 7 minutes est un manifeste misogyne évident, produit d’une culture masculiniste, qui part notamment du principe presque mathématique que les femmes ne consentant pas à des rapports sexuels avec les hommes gentils avec elles sont des « salopes ». Pour la majorité des médias pourtant, la tuerie de Santa Barbara reste « le geste d’un déséquilibré ».

« Déséquilibré », Elliot Rodger l’était probablement. Mais misogyne, il l’était pour sûr. Car avant d’être un « déséquilibré » dont la folie et l’accès de violence expliquent la possibilité du passage à l’acte, le jeune homme était avant tout le pur produit de la société patriarcale dans laquelle nous vivons. Mais le présenter comme cela était une épreuve de remise en question peut-être trop pénible pour que l’opinion publique puisse s’en saisir. Parler  du « geste d’un déséquilibré » permettait sans doute d’éluder le débat. « C’est terrible, cette tuerie-là », « Oui, encore un fou »… pourrait-on alors s’échanger en soupirant près des machines à cafés des quatre coins du monde.

Il est bien plus confortable d’imaginer que les pires horreurs ne peuvent être que le fait de personnes elles-mêmes horribles. Il devient plus compliqué d’interroger les conditions de telles horreurs, ce qui – précisément – les a rendues possibles.

Le cas d’Elliot Rodger est fou, à n’en point douter, fou de violence – et en ce sens, oui, il est spectaculaire et médiatique. Faites le test. Montrez la vidéo postée à n’importe lequel de vos amis, et il y aura évidemment de fortes chances pour que celui-ci s’en trouve abasourdi. Et pourtant, on ne compte plus les fois où l’on entend certains, goguenards, plaisanter, « pas besoin, je l’ai déjà baisée » en refusant d’acheter une rose à un vendeur pakistanais; pendant que d’autres spéculent sur le concept très « sociologie de comptoir » au demeurant de la « friendzone », là où sont supposer se trouver « les mecs qui ont le malheur d’être trop gentils avec les filles et donc de ne pas pouvoir niquer parce qu’il est bien connu que les filles préfèrent les gros connards ». Le principe qui sous-tend ces raisonnements est clair et tristement banal : on pourrait gagner / calculer / prévoir / mériter la sexualité des femmes. C’est autrement dit la liberté sexuelle des femmes qui est bafouée tandis que la domination des hommes se pose en évidence.

Au delà du fait divers, donc, il est urgent de s’attarder sur le traitement médiatique de celui-ci et de ce qu’il renseigne de nos façons d’aborder la domination patriarcale. Dans quelle espèce de société vit-on pour qu’un jeune homme en vienne à tuer des femmes parce qu’il est « toujours vierge à l’âge de 22 ans » ? Consommer l’acte sexuel est-il une prérogative masculine si installée qu’il en devient scandaleux pour un homme de ne pas pouvoir en profiter ?

Il est urgent de cesser la dépolitisation du sexisme. Le sexisme ne doit pas être envisagé sous un angle de hiérarchisation des luttes. Le sexisme n’est pas une sous-problématique qui viendrait faire de l’ombre à d’autres combats, plus nobles, tels que le racisme et la fracture sociale. Le sexisme est une question de société transversale à toutes les luttes.

« Vous en connaissez, des hommes qui raisonnent comme ça. Des geeks qui, parce que les filles les « méprisaient » à l’école, estiment qu’ils prennent leur revanche en les excluant de « leur » communauté (« mais de quoi elle parle celle-là BOOOOOOOBS »). Des hommes qui ont payé le cinéma à une fille et la traitent de salope si elle ne les suce pas en retour (« 10€ la place putain! »). Qui estiment qu’ils ont un droit inné à la baise, et ne comprennent pas qu’un « hé Mademoiselle vous êtes charmante » ne leur vaille pas un grand sourire et un numéro de téléphone direct. »

Anne-Charlotte Husson

Puisque rien ne sert de paraphraser des papiers déjà très bien rédigés, je vous laisse donc ici avec quelques liens qui viennent, et j’en suis heureuse, rompre avec l’ataraxie médiatique ambiance sur cette affaire.

Ça fait genre – C’est l’histoire d’un tueur misosyne qui n’intéressait personne

— Madmoizelle – Le tueur fou n’était pas fou, juste misogyne

— VICE – La vie virtuelle d’Elliot Rodger révèle l’existence d’une communauté anti séducteurs

Vice – Génération Identitaire a lancé une « brigade anti-racailles » dans le métro à Lille

Vice - brigade anti-racailles

Le 25 mars dernier, des membres du groupe d’extrême droite « Génération Identitaire » ont initié leur deuxième « tournée de sécurisation anti-racailles » dans le métro à Lille. Des K-ways jaunes floqués sur le dos, les militants étaient une trentaine dans les stations et les rames de Transpole, le réseau de transports en commun de la métropole, pour « patrouiller » et « protéger les honnêtes gens » face à « l’inaction de Transpole et des forces de l’ordre ». Le groupuscule a expliqué vouloir imposer « une présence dissuasive aux bandes de racailles qui agressent et volent en toute impunité ».

L’initiative a été fort décriée, notamment par la Ligue des Droits de l’Homme, qui s’est fendue d’un communiqué pour s’insurger contre cette action des « identitaires » qui ne « visent qu’à faire de la propagande pour leur groupuscule d’extrême droite ».

Il faut dire que Lille a toujours été cette ville aplatie entre ce centre-ville au décor en carton pâte et sa périphérie (Lille Sud, Moulins, Porte des Postes, etc), plus roturière mais pourtant lentement mais sûrement gentrifiée depuis « Lille 2004 », lorsque la ville a été désignée capitale européenne de la culture. Vers le quartier de Wazemmes, quartier populaire de Lille qui craignait encore il y a 5 ans, on trouve désormais de nombreux touristes anglais sur la place du marché et les étudiants en chemise « Façonnable » aux cols relevés n’ont plus peur d’aller boire un mojito ou deux dans les bars anciennement prolos.

Ça fait un moment que je vois des Lillois râler sur la supposée « politique d’intégration » de Martine Aubry, qui essaye tant bien que mal de faire ouvrir des lieux culturels dans les quartiers chauds pour les « re-dynamiser ». Selon beaucoup de blogueurs du coin, l’intégration n’est qu’un argument politicard puisque ces nouvelles antres de la culture n’intéressent pas vraiment les riverains (qui préféraient sans doute voir leurs quartiers rénovés) mais seulement les étudiants et les bobos du Vieux-Lille qui se rendent à leurs petites soirées dans un esprit très « couloir humanitaire ». En bref, on reproche à la politique culturelle de Lille de ne profiter qu’aux CSP+ quand elle n’est pas carrément le symbole d’un mépris de classe.

Dix ans après, les choses n’ont pas changé. Sur LaBrique.net, un journal d’enquête sur le Nord, on explique qu’un quartier comme Lille Sud, « enclavé derrière le périphérique », connaît « un taux de chômage oscillant entre 30 et 40% » et « concentre une importante population d’origine immigrée » se trouvant « à mille lieux de la culture élitiste » de Martine Aubry. Il faut croire que c’est dans ce contexte grandissant de fracture sociale que les mecs de Génération Identitaire ont voulu tirer leur épingle du jeu. Pour mieux comprendre ce qu’ils avaient dans la tête quand ils ont imaginé ces « tournées anti-racailles », je me suis entretenue avec Aurélien Verhassel, qui est à la direction de « Génération Identitaire Flandre – Artois – Hainaut ».

— Lire l’entretien sur Vice.fr

Slate.fr : Ni réseau de prostitution assumé, ni site de rencontres classique – « Sugar Daddies » et sa zone de non-droits

Slate—SugarDaddies

Dans quelques semaines, le site de rencontres américain seekinarrangement.com lancera sa version française. Fondé sur un principe d’ « échanges » entre de riches hommes d’affaires (dits « sugar daddies ») en proie à l’ennui et de jeunes étudiantes (dites « sugar babies ») en proie… au manque d’argent, cette plate-forme propose aux premiers un peu de compagnie et plus si affinité; et aux secondes une « aide financière ou matérielle ».

Ce principe d’échanges intervient dans une zone de non-droit: ni réseau de prostitution assumé, ni site de rencontres classique, SeekingArrangement joue sur la rhétorique de «l’échange de bons procédés». Techniquement, les relations sexuelles ne sont donc ni obligatoires, ni «tarifées», mais plutôt «largement sous-entendues» et «récompensées».

J’ai demandé à un avocat de nous expliquer la zone de non-droit dans laquelle s’inscrit ce site de prostitution qui ne dit pas son nom. C’est à lire sur Slate.fr.

Les p’tits plats dans les grands #8 — Gyozas (raviolis japonais) aussi moelleux que croustillants

Pour cette 8e édition des « P’tits plats dans les grands », j’ai invité Juliette à venir dîner à la maison. De son voyage en Chine, Juliette ne parle presque que d’une chose : les gyozas (enfin, ça c’est la dénomination japonaise, en chinois on dit plutôt « jiao ze »). Et certains soirs, quand elle s’imbibe de deux ou trois pintes, elle n’a qu’un mot à la bouche : gyozas aussi. J’ai donc voulu relever le défi de lui préparer ces fameux raviolis japonais, entièrement maison.

Le temps de préparation est estimé à 2/3h, mais le mieux est de préparer la pâte en amont (1h30, temps de pause compris) puis la farce (1 grosse heure). De cette façon, vous n’aurez plus qu’à cuire les gyozas avant l’arrivée de vos invités.

Gyoza

INGRÉDIENTS POUR 3/4 PERSONNES 

Pour la pâte (environ 30 gyozas) :

- 2 verres de farine à gyoza (« dumpling flour » en épicerie asiatique); à défaut : farine de blé
- 1 verre d’eau
- 1 cuillère à soupe d’huile
- éventuellement un peu de fécule de pomme de terre (pour que la pâte ne colle pas)

Option pour les paresseux : acheter des cercles de pâte toute faite, au frais en supermarché asiatique. Ça ressemble à ça.

Pour la farce :

- 300 grammes de porc haché
- 2 gros poireaux
- 2 gousses d’ail
- 1 cuillère à soupe d’huile de sésame
- 1 cuillère à soupe de sauce soja
- 1 cuillère à soupe de sauce d’huître (la meilleure marque, c’est « Lee Kum Kee », reconnaissable à son logo – un panda)
- 2 cuillères à café de saké
- 2 cuillères à soupe d’huile végétale pour la cuisson
- 1/2 botte de ciboulette chinoise (soit environ 50 grammes)

PRÉPARATION

La pâte :
1. Mettre la farine dans un bol, ajouter le verre d’eau tiède
2. Mélanger avec une fourchette de façon à obtenir une consistance homogène
3. Prendre la boule de pâte dans les mains et pétrir pendant 5 / 10 minutes
4. Laisser reposer 1h
5. Diviser la boule de pâte en 10 parts de même taille. Les rouler de façon à obtenir un serpent d’environ 1,5cm de diamètre
6. Couper chaque rouleau en petits tronçons de 1,5cm de large. Vous devriez obtenir quelque chose comme 30 portions, de 1,5cm x 1,5cm. En faire des petites boules
7. Étendre chaque boule au rouleau à pâtisserie pour avoir des cercles. Fariner chaque cercle afin qu’ils ne se collent pas entre eux
7. Réserver

La farce :
1. Mélanger la viande de porc hachée dans un saladier, ajouter les poireaux et l’ail finement ciselés
2. Ajouter l’huile de sésame, la sauce soja, la sauce d’huître et le saké
3. Bien mélanger à la fourchette
4. Ajouter la ciboulette chinoise émincée
5. Laisser reposer au moins 30 minutes pour que la marinade prenne

Autre option : certaines recettes recommandent de tout passer au mixeur. Puisque j’avais préalablement demandé à mon boucher de hacher le porc et que j’ai finement émincé les autres ingrédients, j’ai préféré laisser la farce telle quelle de façon à avoir « des morceaux » dans les gyozas plutôt qu’une farce homogène trop lisse. Mais il y a deux écoles !

La confection des gyoza :
1. Au centre de chaque cercle de pâte, disposer l’équivalent de 2 cuillères à café de farce
2. Imbiber légèrement d’eau froide le pourtour de chaque cercle, puis replier les bords
3. Pour obtenir les fameux petits plis des gyozas, vous pouvez regarder ce tuto très bien expliqué. Vous verrez, on prend vite la main au bout de quelques gyozas confectionnés !

Comme mentionné dans la vidéo, il est recommandé de confectionner les gyozas au moins 1h avant leur cuisson. De cette façon, vous pourrez les laisser reposer au frais afin qu’ils sèchent un peu et ne se cassent pas dans l’huile. Si le temps ne vous le permet pas, ce n’est pas dramatique : vous pourrez toujours enchaîner la confection des gyozas avec leur cuisson, en prenant alors garde à les manipuler avec précaution dans la poêle.

La cuisson :
1. Dans une poêle non-adhésive, verser deux cuillères à soupe d’huile végétale
2. Quand la poêle commence à bien chauffer, disposer les gyozas sur la face à cuire (le côté avec les jolis plis reste visible)
3. Au bout de 2 à 3 minutes de cuisson, les gyozas devraient être dorés. Ajouter alors un verre d’eau dans la poêle et couvrez immédiatement pour terminer de cuire les gyozas à la vapeur d’eau
4. Sortir les gyozas du feu quand l’eau s’est évaporée. Vous verrez, les raviolis auront gonflé tout en conservant leurs faces dorées

La sauce :
Vous pouvez présenter vos gyozas accompagnés de sauce soja. En général, j’aime préparer une sauce un peu plus personnalisée : pour deux cuillères à soupe de sauce soja (sucrée ou salée, c’est selon vos goûts), je rajoute une cuillère à soupe d’huile de sésame et un peu d’oignon nouveau émincé.

Servir de 6 à 10 gyozas par personne avec une boule de riz parfumé et une petite salade de concombre mariné à l’ail et au piment, le tout accompagné d’une petite coupelle de sauce soja pour tremper les raviolis dedans. Bon appétit !

photo 2

L’avis de la convive
Juliette a adoré. Les gyozas étaient aussi croustillants que moelleux. La farce tire énormément de goût de sa marinade, et les poireaux émincés sont fondants en bouche. À refaire, aussi bien en plat principal comme ici, qu’en hors d’œuvre pour l’apéro !

VICE : La chasse aux « beurettes à renoi » est ouverte sur Facebook

Un des sujets les plus délicats que j’ai eu à traiter récemment. J’avais envie de parler de ce phénomène pour ce qu’il renseigne tristement de la capacité des tensions à venir cliver les classe sociales jusqu’en leur sein. Les écueils à éviter étaient nombreux : ne pas tomber dans un ton « donneur de leçon », ne pas verser dans un traitement exotique et accablant des banlieues… J’ai finalement choisi d’adopter un angle principalement descriptif, tout en faisant intervenir le témoignage d’un associatif vivant et travaillant à Aubervilliers.

VICE_2014-03-19

Un soir de désœuvrement où aller de page Wikipédia en page Wikipédia n’a pas suffi à vaincre mon ennui, je me suis baladée de page Facebook en page Facebook – une activité rébarbative qui m’amène parfois à tomber sur des groupes de discussions complètement addictifs. C’est comme ça que je suis arrivée sur « Facemouk » : un vrai Facebook dans Facebook, avec 70 000 membres actifs qui postent presque chaque minute qui passe.

Facemouk est le repaire caché des jeunes de cités de France. En plongeant dans les méandres des posts, j’ai constaté que nos banlieues se déchiraient sur un sujet épineux : celui des « beurettes à khel ». C’est comme ça que sont appelées les jeunes filles d’origine maghrébine qui s’entichent de garçons noirs. Il existe aujourd’hui plusieurs groupes Facebook (à l’instar de « Anti beurette à khel », « Les beurettes utilisent l’Islam pour justifier leurs débauches » ou le désormais disparu « Anti beurette et collabeur »), forts de près de 2000 à 3000 likes, remplis de diatribes contre ces adolescentes accusées de « trahir leur communauté ».

On reproche notamment à ces filles de ne porter le voile que pour mieux cacher leurs « comportements de petite vertu » s’éloignant de la tradition (photos dénudées, cigarettes et bouteilles d’alcool à la main, sorties dans les bars à chicha, etc) et de justifier leurs amourettes avec des garçons noirs par l’excuse « il est musulman, donc c’est bon » (sous-entendu : « vous ne pouvez rien y redire, car seul Allah peut nous juger »). Cet argument est appelé « l’excuse Bilal », Bilal étant le nom du seul compagnon noir du prophète Mahomet.

Une vraie chasse aux sorcières est menée sur ces groupes virtuels : des noms de « beurettes à khel » y sont postés, parfois accompagnés de leurs numéros de téléphone, et dans le même temps, on y accuse ouvertement les jeunes hommes noirs de vouloir enfanter un maximum de filles d’origine maghrébine pour qu’il y ait demain une majorité d’enfants métisses en banlieue.

J’ai discuté avec Haissam [prénom changé], qui passe une partie de son temps libre à une association en banlieue, à Aubervilliers. Haissam a 32 ans et se désole de voir « les jeunes se déchirer sur un sujet aussi inutile ».

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Les p’tits plats dans les grands #7 — Carbonade flamande veggie, seitan maison et tofu

Comme tous les Bretons, mon ami Loïg est très fier de ses origines celtiques. Ça faisait un moment que je voulais lui montrer que les bonnes choses n’étaient pas obligées de venir de Bretagne et me suis donc récemment mise en tête de le convier à un « Les p’tits plats dans les grands » pour lui préparer une carbonade flamande, un de mes plats préférés quand j’habitais à Lille.

Sauf qu’entre temps, Loïg est devenu végétarien. Quand on sait que la cuisine du Nord se résume à la rencontre amoureuse de la viande et de la bière… Mais la restriction a finalement été l’occasion d’un défi. Après avoir glané / recoupé / mélangé quelques recettes de carbonade flamande végétarienne sur la toile, j’ai choisi de maintenir le plat en remplaçant la traditionnelle macreuse de boeuf par du seitan, cet aliment produit à partir de la protéine de blé (gluten) servant de « substitut végétarien » (même si les plus puristes récusent le terme qu’ils jugent trop « péjoratif ») à la viande.

Le seitan s’achète en bloc ou en steak tout fait, dans des magasins comme Naturalia et Biocoop, mais j’ai ici choisi de le préparer moi-même. La recette n’est pas compliquée, mais elle demande un peu de temps devant soi : il faut pétrir la pâte assez longtemps, puis la faire cuire dans de l’eau bouillante très épicée, en 2 x 45 minutes.

Une fois cuit, j’ai utilisé le seitan comme je l’aurais fait avec le boeuf : je l’ai laissé mijoter dans 1L de bière brune, avec 4 oignons coupés grossièrement (ils fondent lors de la cuisson) et 4 tranches de pain d’épices tartinées de moutarde (à laisser fondre aussi dans le fait-tout). La carbonade flamande étant souvent servie avec des frites, j’ai utilisé ici mes pommes de terre grenaille achetées dimanche au marché de Montreuil.

Ce 7e épisode des « P’tits plats dans les grands » était donc clairement pensé en l’honneur de Loïg, breton et végétarien donc, mais il y avait aussi Julie, Arthur, Geff et Manu, qui se sont aussi retrouvés à mâcher du seitan dans la joie et la bonne humeur.

Carbonade flamande veggie

INGRÉDIENTS POUR 6 PERSONNES 

Pour le seitan :
- 30 cuillères à soupe de farine de blé (gluten) – environ 6 euros le sachet de 1 kg chez Naturalia
- 50 cuillères à soupe d’eau
- 16 cuillères à soupe de tamari (une espèce de sauce soja faite exclusivement de haricots, plus foncée que la sauce soja classique)
- 1,5 L de bouillon de légumes (vous pouvez mettre les épices que vous voulez, moi j’ai choisi : paprika, cumin, gingembre, curry)
- (éventuellement) 2 gousses d’ail

Pour la carbonade flamande :
- 2 cuillères à soupe de cassonade
- 1 bouquet garni (thym et laurier réunis par du fil alimentaire – attention, on ne le dira jamais assez : n’utilisez pas d’élastique en caoutchouc, celui-ci peut libérer une mauvais goût de plastique brûlé lors de la cuisson)
- 4 gros oignons
- 4 tranches de pain d’épices
- de la moutarde
- du gros sel marin et du poivre
- 30 grammes de beurre salé
- 6 carottes de taille moyenne (les carottes ne font pas partie de la recette traditionnelle de la carbonade flamande, mais je trouve que dans la version végétarienne, elles permettent d’obtenir une consistance en plus)

Pour les frites :
- environ 2 pommes de terre par personne (ici, j’ai utilisé 4 petites pommes de terre grenaille par personne)
- de l’huile d’olive
- du gros sel

Matériel requis :
- un fait-tout ou une cocotte en fonte
- un plan de travail dégagé pour le pétrissage du seitan
- un grand saladier
- une poêle non-adhésive ou une friteuse

PRÉPARATION DU SEITAN

1. Détaillez 1 gousse d’ail
2. Dans un grand saladier, versez 15 cuillères à soupe de farine de blé, puis 25 cuillères à soupe d’eau
3. Mélangez à la main de façon à obtenir une boule de pâte
4. Tout en roulant la pâte dans vos mains, ajoutez les 8 cuillères à soupe de tamari et l’ail
5. Pétrissez la boule de pâte jusqu’à obtenir une consistance un peu élastique (au bout de 10/15 minutes, vous verrez que la pâte prend un autre aspect)
6. Laissez reposer la pâte 10 minutes
7. Disposez une passoire au dessus du grand saladier, posez la boule de pâte dans le saladier, puis versez doucement de l’eau par dessus. Reproduire l’opération jusqu’à ce que l’eau soit claire (ça veut dire que la pâte s’est libérée de son excédent d’amidon)

Reproduire l’opération une seconde fois de façon à obtenir 2 boules de pâtes. Laissez reposer dans une assiette creuse remplie d’eau pendant 10 minutes.

8. Portez à ébullition 1 litre ou 1,5 litre d’eau. Versez-y vos épices. N’hésitez pas à charger le bouillon : il servira à donner du goût à vos boules de seitan. Sachant que le seitan imbibe peu, il ne faut pas hésiter à fortement assaisonner le bouillon.
9. Quand l’eau se met à bouillir, déposez-y délicatement vos 2 boules de seitan, attendez 15 minutes, puis baissez légèrement le feu de façon à obtenir une ébullition, légère mais constante
10. Laissez cuire 45 premières minutes, puis retournez les boules (qui normalement seront remontées à la surface). Laissez cuire 45 autres minutes.

L'étrange apparence du seitan maison

PRÉPARATION DE LA CARBONADE FLAMANDE :

1. Taillez grossièrement les oignons
2. Coupez en rondelles assez épaisses les carottes
3. Dans le fait-tout ou la cocotte, faites fondre les 30 grammes de beurre puis ajoutez les oignons
4. Laissez-les fondre environ 10 minutes
5. Pendant ce temps-là, coupez les boules de seitan en carré de 2 cm de long environ
6. Une fois les oignons fondus, ajoutez le seitan et les 2 cuillères à soupe de cassonade
7. Déposez dans le fait-tout le bouquet garni et recouvrez avec le litre de bière brune
8. Augmentez le feu jusqu’à ébullition
9. Pendant ce temps-là, tartinez de moutarde les 4 tranches de pain d’épices
10. Disposez-les, face tartinées, au dessus de la préparation sur le feu
11. Couvrez et attendez 15 minutes que le pain d’épice fonde, puis remuez toute la préparation
12. Laissez mijoter à feu doux pendant 2h30
13. Si lors des dernières 30 minutes votre sauce est trop liquide, enlevez le couvercle pour qu’elle s’épaississe.

Pendant tout ce temps qu’il vous reste, vous pourrez couper vos pommes de terre (en gardant la peau pour une présentation plus rustique) en frites puis les faire revenir dans un peu d’huile d’olive et laissez vos invités patienter avec quelques petites douceurs salées.

Mozza figues

Brochettes de mozzarella et figues

L’AVIS DES CONVIVES

Je crois que la recette a plu au principal intéressé. Loïg a trouvé le seitan réussi, ni trop spongieux, ni trop élastique. La sauce à la bière était comme il faut : assez sombre, avec des notes de pain d’épices. Bon, après, il faut aimer la consistance et le goût du seitan (ce qui n’était pas exactement le cas de Arthur et Julie), mais aussi, comme le faisait remarquer Geff, renoncer à l’idée que la carbonade flamande végétarienne puisse avoir le même goût que la carbonade flamande traditionnelle. Sans le boeuf, il est évident que le plat ne présente pas exactement les mêmes tonalités.

Reste que, même si elle s’éloigne, par bien des aspects, de sa consoeur officielle, cette recette est agréable à préparer et permettra aux palais végétariens de profiter du côté « bière – épices » des plats du Nord. NB : N’hésitez pas à ré-ajuster la texture de la sauce avec quelques verres d’eau s’il le faut – c’est ce que j’ai dû faire, après avoir fait l’erreur de découvrir le fait-tout trop longtemps en fin de cuisson.

Bon appétit !